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Rhynchophorus ferrugineus, forme adulte. Source : www.siete.de

Après Paysandisia archon (le papillon du palmier), le charançon rouge du palmier est un nouveau ravageur qui représente une grave menace pour les palmiers du bassin méditerranéen.

Il a été identifié en France depuis 2006. Ce coléoptère attaque notamment le dattier, Phoenix dactylifera, et le palmier des Canaries, Phoenix canariensis. En Crète, Chamaerops humilis et Phoenix theophrasti ont été attaqués.

Description de l’insecte

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Washingtonia filifera mort suite à une attaque de Rhynchophorus ferrugineus. Source : www.cespevi.it

L’adulte est un charançon de 2 à 4 cm de long, doté d’un long rostre, au corps orangé vif avec des taches noires.

Il vole surtout de jour entre 25 et 40°C. Doué d’un vol puissant, il peut franchir jusqu’à 7 kilomètres.

Les femelles pondent toute leur vie entre 100 et 300 oeufs.

La larve, qui mesure au maximum 5 cm de long, est le stade nuisible. Elle détruit le système vasculaire en creusant des galeries dans le stipe. Le stade larvaire dure de 1,5 à 4 mois, jusqu’à 9 mois si la larve cesse de se développer en hiver.

A la fin de sa croissance, elle migre à la périphérie du stipe ou à la base des palmes et elle construit un cocon de fibres végétales où s’effectue la nymphose.

Les générations se chevauchent et l’on trouve tous les stades à chaque moment de l’année.

Le mode de vie des larves (dans le stipe), et des adultes (dans les anfractuosités) rend cet insecte difficile à observer.

Symptômes et dégâts

Les palmiers attaqués présentent très peu de symptômes apparents. Mais lorsque tout l’intérieur est rongé, ils meurent subitement et peuvent casser sous l’effet du vent, ce qui est très dangereux pour le public dans les villes, et les particuliers dans leur jardin.

L’attaque du bourgeon terminal entraîne l’affaissement et le dessèchement brusque des palmes, parfois avec une inclinaison anormale du houppier.

Avant la mort du palmier, on peut observer quelques signes discrets d’attaque : encoches de quelques palmes, cocons insérés à la base des palmes, couronne desséchée et désaxée, trous à la base des palmes taillées, palmes déformées.

La présence du charançon peut aussi être signalée par des suintements liquides bruns et visqueux (dattier) ou par de petits monticules bruns de fibres broyées (tous les palmiers).

Méthode de lutte

En cas d’infestation, joindre le Service régional de l’alimentation et la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles. Rhynchophorus ferrugineus est un organisme de quarantaine contre lequel la lutte est obligatoire.

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Rhynchophorus ferrugineus, forme larvaire. Source : www.cespevi.it

La température mortelle est de 10°C, 5°C et -2°C respectivement pour l’oeuf, la larve et la nymphe. L’aire potentielle de développement couvre donc toutes les zones où les températures journalières moyennes restent positives en hiver, c’est-à-dire l’essentiel des rivages méditerranéens.

Etant donné la difficulté de détection du parasite et le coût très élevé de la lutte, il est indispensable d’appliquer des mesures prophylactiques :
.éviter de tailler les palmiers en période de vol des insectes, de mars à octobre,
.les blessures naturelles ou dues à la coupe des palmes doivent être protégées par du mastic cicatriciel, ou mieux par un traitement immédiat par un insecticide adapté, le charançon est en effet attiré par les tissus fraîchement coupés,
.éviter d’importer des palmiers originaires des zones infestées (Espagne depuis 1993, Italie et Turquie depuis 2005). Il est impossible de garantir qu’un palmier issu d’une zone infestée est sain, car à l’examen on ne peut détecter ni les oeufs, ni les jeunes larves.

Si vous pensez avoir repéré un palmier infesté, ou tout un foyer, appelez les services concernés afin de prendre les mesures adaptées dans les plus brefs délais. N’hésitez pas à demander conseil auprès de votre mairie, seule une lutte collective permettra de venir à bout des nouveaux parasites qui représentent une menace mortelle pour de nombreux palmiers.

Pour en savoir plus sur les différents moyens de lutte possible, se reporter à notre article sur les maladies et ravageurs des palmiers.

En cas de doute sur des symptômes, et pour tout renseignement complémentaire, contacter :

DRAF/SRPV PACA, 32 Chemin Saint Lazare, 83400 Hyères.
Tél. : 04 94 01 42 05
Fax : 04 94 01 42 06
Courriel : srpv-hyeres.draf-paca@agriculture.gouv.fr