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Le fait de consacrer un jardin de plusieurs hectares uniquement aux plantes indigènes est un état d’esprit relativement nouveau en Australie. Les plus anciens jardins botaniques présentent un effet de très beaux exemplaires de plantes “exotiques”, c’est-à-dire communes pour les voyageurs qui viennent d’Europe ou des Amériques (rosiers, conifères, rhododendrons, camélias, etc.).
Ce jardin est donc l’occasion de découvrir toute la richesse botanique de ce continent grand comme l’Europe.

Cranbourne : nouveau jardin botanique de plantes indigènes, à 60 km de Melbourne. L’”Australian Garden” fait écho d’une part à la volonté croissante de protéger la flore et les paysages typiques de l’Australie, en tout cas ce qu’il en reste, et ce dans un cadre très paysager. Et d’autre part à la volonté d’éduquer les visiteurs sur l’intérêt d’utiliser des plantes indigènes bien adaptées au climat, notamment par rapport au problème de la sécheresse (déjà dramatique en octobre 2006 en plein printemps, date de ce voyage) et au manque d’eau du continent.

Des maîtres jardiniers volontaires sont à la disposition des visiteurs pour leur expliquer comment soigner les plantes indigènes et comment les utiliser dans son jardin.

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Protéger la flore et la faune, même les serpents : un message omniprésent aujourd’hui en Australie.
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Une conception très paysagère

Les concepteurs, Taylor Cullity Lethlean et Paul Thompson, ont fait le choix de ne pas présenter les plantes dans un cadre naturel reconstitué. Ils ont opté au contraire pour une présentation paysagère, les plantes étant mises en scène pour donner des idées aux visiteurs.

La palette des matériaux est vaste : sables, galets, roches et pavés de différentes couleurs jouent avec les gris, les bleus, les gris-vert de la végétation.

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Présentation de plantes sur cailloux et graviers.
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Concrètement, il n’est pas sur que certaines de ces mises en scène atteignent les objectifs fixés dans la tête des visiteurs, une conceptualisation trop poussée ne faisant pas toujours bon ménage avec l’idée de jardin que peuvent se faire les jardiniers amateurs. Heureusement, quelques panneaux donnent des explications sur les plantes choisies, notamment vis-à-vis du problème de l’eau.

Ceci dit, la richesse botanique est indéniable, les vrais amateurs de plantes ne peuvent que s’en réjouir.

Un jardin divisé en 6 zones

- Red sand garden

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Le "centre rouge" du tout nouveau jardin australien de Cranbourne.
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Toute la partie centrale du jardin, spectaculaire, est innaccessible aux visiteurs. Un apport de sable rouge symbolise le centre désertique typique de l’Australie, aride, mais non dénué de plantes. Quelques végétaux sont là pour montrer que la vie est possible même dans les pires conditions climatiques.

La visite du jardin s’organise autour de cette partie centrale, le parcours se voulant résolument pédagogique.

- 5 jardins de présentation

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Illustration d’un aménagement avec des plantes pour jardin sec.
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L’un des jardins temporaires.
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Ces présentations temporaires montrent comment utiliser les plantes australiennes dans son jardin. Elles sont réalisées par différents paysagistes sur les thèmes de la biodiversité, de la sauvegarde de l’eau, du jardin du futur.

Pas toujours très convaincants, ces jardins sont censés présenter un nouveau formalisme dans le domaine du paysagisme australien : utilisation de formes abstraites comme la base d’éléments pour les jardins du futur. Un peu trop conceptuel peut-être ?

Quoiqu’il en soit, la plupart des espèces et variétés utilisées sont disponibles dans les pépinières et les jardineries du pays. Elles requièrent très peu d’eau ou quasiment pas pour concevoir un jardin qui reste attractif.

Des panneaux informatifs donnent des listes de plantes peu soiffardes, en rappelant la problématique actuelle de son utilisation. En effet, 97% de l’eau sur terre est contenue dans les mers et les océans, 2,25% est présente sous forme de glaces aux pôles, 0,74% est souterraine, enfin il ne reste que 0,01% d’eau libre contenu dans les rivières et lacs.

L’Australie est le continent le plus sec habité sur Terre, alors que les besoins en eau sont parmi les plus élevés au monde. Le niveau moyen des pluies est de 469 mm, alors qu’il est en moyenne sur le globe de 746 mm. Les pluies dans ce pays sont imprévisibles et peu fréquentes.

Les habitants de Melbourne utilisent entre 240 000 et 270 000 litres d’eau par an, dont 70 000 rien que pour arroser les jardins. Il y a trop de jardins plantés d’espèces exotiques européennes et nord américaines, qui ont des besoins en eau plus élevés que les plantes australiennes.

Ce jardin contribue ainsi à faire changer les habitudes en montrant au public l’intérêt certain des plantes australiennes dans la conception d’un jardin attractif et adapté au climat.

- Rockpool waterway et Escarpement wall

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La rivière et la falaise.
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La rivière et la falaise, vue du bout du jardin.
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Ce mur assez spectaculaire construit en métal rouillé s’inspire de certaines formations rocheuses célèbres d’Australie, comme Uluru ou King’s Canyon.

La rivière qui coule à ses pieds rappelle toujours cette problématique de l’eau : eau libre, mais en quantité limitée, qui façonne certains paysages, eau qu’il faut savoir canaliser et gérer au mieux pour satisfaire les besoins de la population tout en respectant le plus possible l’environnement qui a déjà bien changé depuis la colonisation de l’Australie (déforestation pour l’industrie du bois et pour l’élevage extentif).

- Arid garden et Dry river bed

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Black boys et vue d’ensemble du jardin sec.
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On arrive au coeur de la problématique dans cette zone qui explore comment les plantes se sont adaptées à la sécheresse, et comment l’eau façonne le paysage, par sa présence ou son absence : lit de rivière sec une partie de l’année, phénomène d’érosion des sols.

- Eucalyptus walk

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Eucalyptus sp.
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Un bonne façon de découvrir la grande diversité de cette famille d’arbres omniprésente sur le contient Australien , qui regroupe plus de 600 espèces répertoriées.

- Zone de jeux pour les enfants

Elle utilise des matériaux naturels, beaucoup sont issus de produits recyclés.

Quelques plantes indigènes

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Scaevola albida ’Super Clusters’.
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Diplarrema latifolia.
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Hibbertia obtusifolia.
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Anigozanthos ’Big Red’.
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Anigozanthos sp. jaune.
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Isopogon anemonifolius.
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Lechenaultia biloba.
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Chamelaucium ’Purple Pride’.
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Brachyscome ’Mauve Delight’.
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Grevillea ’Elegance’.
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Grevillea ’Mason’s Hybrid’.
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Grevillea x gaudichaudii.
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Dryandra drummondii.
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Banksia blechnifolia.
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Tetratheca thymifolia.
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Pycnosorus globosus.
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Grevillea juncifolia ssp. eriostachya.
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Calothamnus quadrifidus.
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Kingia australis.
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Ozothamnus diosmaefolius.
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Dampiera trigona.
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Disphyma crassifolium subsp. clavellatum.
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Darwinia taxiflora var. macrolaena.
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Tamis d’Anigozanthos jaune et orange.
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En savoir plus

- Les jardins botaniques de Melbourne : site Internet pout tout savoir sur les différents jardins botaniques de la capitale de l’état de Victoria, les collections végétales, les recherches scientifiques, les activités scolaires, etc.

- Les jardins botaniques d’Adélaïde : site Internet pout tout savoir sur les différents jardins botaniques de la capitale de l’état de South Australia, les collections végétales, les recherches scientifiques, les activités scolaires, etc.

- Société des plantes australiennes : fondée en 1957, cette société regroupe les personnes qui souhaitent connaître et cultiver la flore australienne. L’Australian plants society of Melbourne regroupe différentes sections locales du pays. Des visites de jardin et des randonnées sont organisées régulièrement. Le site donne de nombreuses informations.

- Greening Australia : organisation de 350 personnes qui oeuvre dans le domaine de la protection de l’environnement dans tous les états Australiens, notamment par une utilisation raisonnée des plantes indigènes.