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Lutter contre les pucerons

mardi 14 mai 2013, par Christophe Berger Twitter : @plantesdusud


Une lutte efficace contre les pucerons doit commencer dès l’apparition des premiers insectes. Il faut apprendre à les repérer très vite. La lutte biologique permet d’éviter les produits chimiques, mais sa mise en oeuvre peut être moins facile, et ses résultats moins rapides.

Seule une surveillance quotidienne des plantes permet de constater l’apparition de pucerons, et l’importance de leur prolifération. Celle-ci est très rapide, l’inaction est souvent fortement préjudiciable aux plantes, bien qu’une régulation naturelle des populations soit quelquefois constatée.

Comment les reconnaître ?

Les pucerons sont visibles à l’oeil nu. Ils sont jaunes, verts, noirs ou encore “farineux”. Ils s’attaquent de préférence aux jeunes pousses tendres.

Ils forment des colonies en grappe le long des tiges, ou se réfugient sur la face inférieure des feuilles.

Les symptômes sont le plus souvent des feuilles gaufrées, déformées (par injection de toxines), ou encore enroulées sur elles-mêmes.

Tiges et feuilles sont collantes à cause du miellat sécrété par les pucerons, déjection sucrée qui est souvent la cause de l’apparition d’un dépôt noir du à un champignon, la fumagine.

Certains pucerons sont des vecteurs de virus, ce qui provoque des maladies incurables.

La plante meurt rarement d’une attaque de pucerons, mais elle est très affaiblie : arrêt de la croissance, plus de fleur ni de fruit. Certains pucerons s’attaquent même aux racines au niveau du collet.

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Forte attaque de pucerons jaunes sur laurier rose.

Caractéristiques biologiques

Les espèces de pucerons qui se développent sur une seule espèce végétale sont appelées "monoéciques", tandis que celles qui migrent au cours de leur cycle entre 2 espèces de plantes (voire plus) sont dites "hétéroéciques".

La reproduction des pucerons est complexe : il existe des espèces qui ne sont composées toute l’année que de femelles, et qui se reproduisent par parthénogénèse (voie asexuée sans intervention des mâles), et d’autres qui ont au moins une génération avec présence de mâles. Parfois des formes ailées apparaissent, ce qui permet la dissémination des colonies, en particulier quand la densité de population est trop importante.

La nuisibilité des pucerons vient principalement de leur capacité à se reproduire rapidement, et en très grand nombre : chaque femelle peut donner naissance de 3 à 10 larves/jour, pendant plusieurs semaines. Dans des conditions favorables, on peut avoir en moyenne une nouvelle génération par semaine, et dans certains cas, la population peut se multiplier jusqu’à 4 à 8 fois en une semaine.

Lors de leur développement, les larves muent plusieurs fois : à chaque changement de stade, elles abandonnent une exuvie blanche, qui est visible sur les feuilles. La présence de ces exuvies permet de déceler la présence d’une colonie de pucerons.

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Les pucerons attaquent souvent les fleurs.

La lutte chimique

Pour lutter contre les pucerons, divers spécialités chimiques sont commercialisées pour une utilisation dans les jardins. Elles ont deux types d’action selon les substances actives.

- Des substances actives agissent par contact et/ou ingestion, avec une rémanence d’action d’environ 15 jours. On trouve dans le commerce des spécialités à base de bifenthrine, pyrimicarbe, cyperméthrine, alphaméthrine, deltaméthrine, cyfenthrine.

Afin d’éviter l’apparition de souches résistantes de pucerons, il est recommandé de changer régulièrement de substance active.

- Une autre substance active, l’imidaclopride, contenu dans le Confidor®, agit différemment par systémie : elle pénètre dans la sève par l’intermédiaire des feuilles, pour être ensuite véhiculée dans toute la plante. Ceci permet d’atteindre les pucerons difficilement accessibles, ou de traiter les grandes plantes. De plus, la rémanence d’action n’est plus de 15 jours, mais d’un mois.

- Précautions générales d’emploi à respecter pour tout traitement chimique :
. ne pas traiter en présence d’insectes pollinisateurs ou utiles (abeilles, coccinelles ...) et en particulier durant la floraison,
. traiter le matin, ou tard le soir, en dehors des périodes de butinage intensif,
. dangereux pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs,
. ne pas traiter par temps venté ou par forte chaleur,
. protégez votre peau (gants, vêtements couvrants).

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La fumagine est une conséquence d’une attaque de pucerons.

Les insecticides naturels

- Ils sont à base de pyrèthre, molécule issue d’une plante, Chrysanthemum cinerariifolium. Elle agit par contact en paralysant les pucerons. Il faut traiter par pulvérisation l’ensemble du feuillage, en répétant le traitement si tous les pucerons n’ont pas été tués.

- D’autres produits à base d’huile minérale sont utilisés contre les pucerons. Ils ne contiennent aucune substance active, et agissent simplement en étouffant les insectes recouverts d’une pellicule huileuse. Ces produits sont utilisables en culture biologique.

La lutte biologique

De très nombreux insectes " anti-pucerons " existent dans la nature : chrysopes, syrphes, punaises, coccinelles... Dans le cadre des cultures extérieures, il peut être intéressant de lâcher des auxiliaires complémentaires pour favoriser les équilibres naturels. Dans les cultures sous serres, généralement trop précoces pour que les auxiliaires naturels y soient efficaces, il est souvent nécessaire de lâcher plusieurs espèces d’auxiliaires, avec des modes d’action complémentaires, pour pouvoir contrôler les pucerons.

On distingue les prédateurs, qui mangent les pucerons, et les parasites dont les larves se développent dans les pucerons à leur détriment.

- Dans la première catégorie, les coccinelles sont des prédateurs aujourd’hui bien connus du grand public. Elles sont à la fois très polyphages et très voraces. Les femelles pondent jusqu’à 20 œufs par jour, près des colonies de pucerons. Les larves et les adultes sont de grands prédateurs : les stades larvaires âgés peuvent consommer jusqu’à 100 pucerons par jour. Cet auxiliaire supporte des températures assez basses (à partir de 10°C), ce qui permet de l’utiliser à l’intérieur comme à l’extérieur, mais de préférence sur strates végétales basses (herbacée ou arbustive).

- Aphidoletes, dont les larves sont prédatrices de pucerons, ressemble à un petit moucheron (2 mm de long), avec de longues pattes, et présente la particularité de n’être actif que la nuit. Il se nourrit du miellat produit par les pucerons. La femelle pond ses œufs au milieu des colonies de pucerons, ce qui permet aux jeunes larves de trouver rapidement leur nourriture. Ces larves sont des asticots de couleur plus ou moins orangée, qui mesurent 3 mm au dernier stade, et sont alors très visibles au milieu des colonies de pucerons. Une larve d’Aphidoletes peut consommer de 10 à 100 pucerons au total. Cet auxiliaire est sensible aux températures basses et ne peut donc être utilisé que dans les cultures sous abri.

- La chrysope, appelée plus poétiquement mouche aux yeux d’or, a des larves qui peuvent chacune manger jusqu’à 500 pucerons en 15 jours. Elles mangent aussi des acariens, des cochenilles, des thrips.

- Parmi les parasites, plusieurs espèces de micro-hyménoptères sont utilisées. Ils ne parasitent pas tous les mêmes espèces de pucerons. Les femelles de ces auxiliaires pondent leurs œufs dans tous les stades de pucerons. La morphologie des pucerons parasités change et ils sont alors appelés "momies". Les modifications sont variables en fonction du parasite. Certains de ces auxilaires parasitent jusqu’à 250 pucerons dans leur vie.

Autres méthodes de lutte

- Méthode mécanique : avec ou sans gants, nettoyez à la main les branches infestées.
- Pulvérisez de l’eau qui a macérée 3 jours avec du tabac de cigarettes ou de l’ortie.
- Construisez des abris pour les prédateurs de pucerons.
- Laissez les araignées faire leur toiles dans votre jardin car les pucerons volants s’y font piéger. Pour cela, évitez de tout tailler à la perfection car les araignées ont besoin de supports pour leurs toiles, comme les branches mortes par exemple !

En savoir plus :

- Société Biotop, dont l’objectif est la mise au point et le développement de moyens alternatifs de protection des plantes. Elle réalise des travaux de recherche, de production et de commercialisation afin de proposer aux agriculteurs, aux professionnels des jardins et espaces verts et aux jardiniers amateurs des solutions efficaces et respectueuses de l’environnement. Les produits de Biotop sont issus de sa biofabrique de Valbonne (06). Ils sont proposés par un large réseau de distributeurs tant en France que dans d’autres pays.
Route de Biot, D4, 06560 Valbonne
Tél. : 04 93 12 17 89
Fax : 04 93 12 14 06
Internet : www.biotop.fr
Courriel : info@biotop.fr

- OPIE-Insectes : pages d’entomologie et d’écologie proposées par l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE).
L’Office pour les insectes et leur environnement est une association type loi 1901, agréée par le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Éducation nationale. Créé en 1969 sous l’appellation Office pour l’information entomologique par un groupe de spécialistes des insectes de l’Institut nationale de la recherche agronomique (INRA) et d’amateurs, l’OPIE occupe une place privilégiée au point de rencontre de l’ensemble des activités sur les insectes en France. Par sa position stratégique, l’OPIE mène des actions de sensibilisation, d’information, de conseil-formation, d’élevages d’insectes et de protection et de maintien de la diversité des insectes dans leur milieu de vie. Huit antennes régionales permettent de répercuter ses objectifs sur toute la France. Son équipe principale est basée à Guyancourt-La Minière, près de Paris dans les Yvelines.
Internet : www.inra.fr/opie-insectes
OPIE, BP 30, 78041 Guyancourt cedex

- Sites Internet de quelques grandes firmes phytosanitaires :
.www.kb-jardin.com. Toute la gamme KB et des conseils pour reconnaître et éradiquer les parasites.
.www.fertiligene.com. Idem pour la gamme Fertiligène.
.www.bayer-jardin.com. Un autre grand nom dans le domaine du phytosanitaire.
.www.capiscol.fr. Une société moins connue mais présente dans de nombreuses jardineries, et qui propose une gamme large de produits de traitements, avec des substances actives et des dosages souvent complémentaires à ceux des autres marques.


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