Hacked By Yuriz MA


Le calcaire est un constituant important du sol, qui participe à sa bonne structure physico-chimique. Mais en cas de forte teneur en calcium, il convient de choisir des plantes adaptées, au risque d’avoir des carences graves qui peuvent aller jusqu’à la mort de certaines espèces inadaptées.

A la fin de cet article, une liste de plantes est proposée, avec quelques photos pour les illustrer.

Le sol, une structure physico-chimique complexe

Le sol est constitué de parties plus ou moins fines, depuis la roche, de nature très diversifiée, jusqu’aux argiles les plus fines. On y trouve aussi des constituants chimiques variés, certains en grande quantité, d’autres en proportion très faible. Enfin, la matière organique vient se mélanger à cet ensemble, à des stades de décomposition plus ou moins avancés. Le mélange de tous ces constituants forme ce que l’on appelle le complexe argilo-humique d’un sol. La plante, au niveau de ses racines, puise les constituants dont elle a besoin au contact de ce complexe argilo-humique.

Choisir la plante en fonction du sol

Pour simplifier l’analyse d’un sol par le jardinier, on peut distinguer quelques éléments fondamentaux qui se dégagent de l’analyse fine d’un sol : le sable, l’argile, l’humus et le calcaire. La proportion entre ces éléments détermine l’aptitude d’une plante donnée à pousser, ou non, dans un sol.

Certaines plantes préfèrent les sols sableux, légers et drainants. D’autres s’accommodent de sols riches en argiles, lourds et plutôt asphyxiants. D’autres sont parfaitement adaptées à une culture dans un sol plus ou moins calcaire. Par contre, certains végétaux, comme les plantes dites de terre de bruyère, ne supportent absolument pas un excès de calcaire, ce qui nuit à leur croissance, en allant même jusqu’à leur mort.

Le jardinier doit par conséquent, par une bonne connaissance de son sol, choisir les plantes adaptées, et non pas l’inverse, c’est-à-dire vouloir cultiver des plantes dans un sol qui ne leur convient pas, étant donné qu’il est très difficile de modifier de façon durable la structure physico-chimique d’un sol.

Le cas du calcaire

Chimiquement parlant, il faut parler du cation Ca++, qui est la forme sous laquelle le calcaire est absorbé par les plantes.

Ca++ a pour propriété de se lier dans le sol à d’autres éléments, mais de nature négative, qui sont l’argile, l’humus notamment. La liaison entre ces éléments + et - forme des complexes chimiques stables, qui ne sont pas entraînés dans la profondeur du sol par les pluies.

Le maintien de ces complexes dans les couches superficielles du sol, c’est-à-dire là où se trouve l’essentiel des racines, garantit la bonne composition physico-chimique du sol. Le calcaire, dans une certaine proportion, est donc un élément important qui participe à la fertilité du sol.

Conséquence d’un excès de calcaire

Le Ca++, en se liant à d’autres éléments du sol, entraîne donc une agglomération de différents constituants chimiques, par ailleurs indispensables à la vie des plantes. Les racines, au contact de ces complexes, puisent les éléments dont elles ont besoin.

Mais, comme dans beaucoup de choses, l’excès est l’ennemi du bien. Un taux trop élevé de calcaire peut avoir comme conséquence une rétention trop importante de certains éléments, qui ne sont alors plus disponibles pour les plantes.

C’est notamment le cas du fer, élément qui intervient dans la synthèse des éléments organiques indispensables à la vie des plantes. Le manque de fer disponible pour la plante entraîne un symptôme bien connu et fréquent, qui est la chlorose des feuilles, qui prennent alors une teinte jaune plus ou moins prononcée. La plante souffre, elle n’a plus la capacité chimique d’assurer sa croissance.

JPEG - 54 ko
Symptôme typique de carence : nervures vertes, limbe jaune.
Cliquez pour agrandir

JPEG - 69 ko
Les jeunes pousses sont toujours les premières atteintes par un manque de fer.
Cliquez pour agrandir

Le taux de calcaire dans un sol est souvent plus élevé en hiver, puis il diminue jusqu’en automne, pour remonter à nouveau en hiver. C’est pourquoi certaines plantes montrent, au début du printemps, des signes de chlorose, qui s’estompent ensuite.

Mais certains sols restent fortement chargés en Ca++ toute l’année, ce qui ne nuit par forcément à leurs qualités agronomiques. Il faut alors adapter les plantes en connaissance de cause. A quoi bon apporter des quantités importantes de fer tous les ans, afin de réduire la chlorose ? Si les plantes restent jaunes toute l’année, la seule solution est d’en changer.

Ces plantes qui acceptent un excès de calcaire dans le sol sont dites calcicoles. Elles ont la capacité de pouvoir continuer à absorber les éléments indispensables, comme le fer et le magnésium, même en présence d’une forte proportion de calcaire. A l’inverse, les autres sont dites calcifuges.

Exemple de plantes calcifuges

La plupart des éricacées (genres Calluna, Pernettya, Rhododendron, Vaccinium...), les myrsinacées (genres Ardisia, Myrsine...), les théacées (genre Camellia... ), les protéacées (genres Banksia, Grevillea, Leucadendron, Protea...), beaucoup d’hamamélidacées (genres Corylopsis, Hamamélis, Loropetalum...), de magnoliacées (genres Magnolia, Michelia, Liriodendron...).

Quelques exemples de plantes calcicoles adaptées aux climats méditerranéens

Les noms communs au pluriel entre parenthèse indiquent que pour le genre cité, il existe de très nombreuses espèces et variétés utilisables. Se reporter aux listes sur d’autres sites sur Internet, ou dans les catalogues des producteurs.

Acer monspessulanum (érable de Montpellier) pas de photo
Agave americana
Alcea rosea (rose trémière)
Albizia julibrissin (arbre à soie)
Arbutus unedo (arbousier)
Arundo donax (canne de Provence) pas de photo
Asphodelus fistulosus (asphodèle) pas de photo
Ballota pseudodictamnus pas de photo
Berberis (épines vinnettes) pas de photo
Bergenia cordifolia pas de photo
Buddleja (arbres aux papillons)
Bupleurum fruticosum (buplèvre)
Buxus (buis)
Callistemon acuminatus (rince bouteille) pas de photo
Campsis (bignones)
Capparis spinosa (câprier)
Celtis autralis (micocoulier)
Centranthus ruber (valériane)
Cercis siliquastrum (arbre de Judée)
Chaenomeles (cognassier à fleur) pas de photo
Cistus clusii (ciste) pas de photo
Cistus creticus var. creticus ’Bali’
Cistus heterophyllus pas de photo
Cistus libanotis pas de photo
Cistus monspeliensis pas de photo
Cistus parviflorus pas de photo
Cistus x argenteus ’Blushing Peggy Sammons’ pas de photo
Cistus x argenteus ’Peggy Sammons’ pas de photo
Cistus x bornetianus ’Jester’ pas de photo
Cistus x canescens pas de photo
Cistus x canescens f. albus pas de photo
Cistus x clausonis pas de photo
Cistus x escartianus pas de photo
Cistus x gardianus pas de photo
Cistus x ledon pas de photo
Cistus x mesoensis pas de photo
Cistus x pauranthus pas de photo
Cistus x picardianus pas de photo
Cistus x pulverulentus pas de photo
Cistus x purpureus pas de photo
Cistus x skanbergii
Cistus x tephreus pas de photo
Clematis flammula (clématite)
Convolvulus cneorum (liseron)
Convolvulus mauritanicus (=sabatius) (liseron) pas de photo
Cornus alba (cornouiller) pas de photo
Cornus sanguinea (cornouiller sanguin) pas de photo
Coronilla glauca (coronille persistante)
Coronilla emerus (coronille caduque) pas de photo
Corylus (noisetier) pas de photo
Cotinus (arbre à perruque)
Cotoneaster (dammeri, franchetii, lacteus)
Cupressus sempervirens (cyprès)

Pour voir la suite des photos, suivez ces liens :
- suite 1
- suite 2

En savoir plus :
- Site des pépinières Filippi, qui étudient depuis plus de quinze ans les plantes résistantes à la sécheresse, au vent, au calcaire et au froid parfois rigoureux du Languedoc dans le sud de la France. Leur catalogue en ligne donne de très nombreux renseignements sur les plantes classées par ordre alphabétique.
- Site des pépinières Baud. La pépinière incontournable pour les amateurs de figuiers, ainsi qu’une collection de grenadiers et de jujubiers.
- Site de Bulb’Argence. Une large collection de bulbes à fleur méditerranéens pour fleurir son jardin toute l’année.