Hacked By Yuriz MA


Après des années d’abandon, ce terre-plein hideux, reliant la presqu’île de Saint Mandrier au continent, est devenu un jardin qui donne aujourd’hui une nouvelle dimension au site, riche d’une histoire mouvementée, véritable condensé des folies dont la Côte d’Azur a souvent été coutumière.

Historique

En 1918, Georges Sand parcourt l’isthme des Sablettes, désert, au milieu d’une végétation rase et pauvre. Quelques barques de pécheurs rappellent la civilisation.

Non loin, la "folie azuréenne" est déjà à l’oeuvre. Un homme va faire la renommée du lieu, Marius Michel, comte de Pierredon, dit Michel Pacha, né à Sanary en 1819.

Il devient directeur des phares de l’Empire Ottoman en 1854. Suite à l’achat de près de 400 hectares, il décide de développer un tourisme de luxe en lançant des grands travaux dés 1880.

Assèchement des marécages, construction de villas dans le style mauresque, deux hôtels, trois casinos. Des bâteaux à vapeur font la liaison avec Toulon. Bientôt, l’ouverture de la route de la corniche rend l’endroit moins inaccessible.

Michel Pacha, en son palais construit sur un terrain de huit hectares, introduit et cultive de nombreuses plantes exotiques.

Après sa mort, dés 1900, commence le déclin de cette station de luxe. Les congés payés de 1936 relancent l’activité dans un sens plus populaire, mais les bombardements de la guerre ruinent définitivement l’endroit.

Dans les années 50, l’architecte Fernand Pouillon reconstruit le village des Sablettes dans un style néo-provençal sobre. Un nouveau tourisme se fait jour.

La folie des grandeurs s’empare des élus dans les années 70. Heureusement, le projet de marina, qui aurait défiguré le site, échoue. Seul un immeuble en béton subsiste de l’époque, barre horizontale qui arrête de très loin le regard porté sur la rade de Toulon.

La crise de la construction navale des années 80 laisse le site abandonné en un grand terre-plein sans âme.

Les années 90 marquent une prise de conscience des élus, vis-à-vis de la beauté du lieu, et de son intérêt touristique et économique.

Sur concours, le projet paysager d’Alain Faragou est retenu en 1997. Le jardin est ouvert au public en 1999.

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Phoenix dactylifera à l’entrée.
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Le site des Sablettes

L’isthme des Sablettes s’est formé vers le milieu du dix-huitième siècle, reliant alors l’île de Saint Mandrier au continent. Il relie deux mers : la rade de Toulon d’un côté, l’ouverture sur le large de l’autre vers l’ouest ; ainsi que deux pôles urbains : les Sablettes et Saint Elme.

Ancienne zone marécageuse, le sol d’origine est formé de sable, pauvre et filtrant, fortement remanié par des terrassements.

Les vents violents et desséchants, chargés d’embruns, ne sont pas tendres pour les plantes.

Le pari de transformer radicalement ce site, pour en faire un jardin, était donc très ambitieux.

Quatre ans après l’ouverture du parc, sur 7,5 hectares, on constate avec enthousiasme que les objectifs sont atteints. C’est une belle réussite, tant par les aménagements de loisirs offerts aux habitants et aux touristes, que par la conception paysagère qui a permis une revégétalisation totale du site, ainsi que la reconstruction de la plage et des dunes d’arrière-plage.

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La pergola aux vignes.
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Les choix paysagers

Un grand axe piétonnier est-ouest relie les deux villages, tandis que l’axe transversal fait le lien entre les deux mers.

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Suivez le chemin.
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Un mobilier urbain spécifique donne une unité à l’ensemble, avec une large utilisation du bois.

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Architecture en bois.
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Une végétation spécifique de bord de mer permet de fixer plage et dunes. Des plantes pionnières indigènes préparent la place aux formations pérennes.

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Plantes méditerranéennes adaptées.
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Helichrysum dans le sable.
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Une zone humide recrée une ambiance marécageuse (3000 m2 de surface sur 1 m de profondeur).

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Etang aux nénuphars.
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L’autre étang et sa libellule.
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Les arbres et arbustes sont plantés en trois grandes zones, qui se succèdent d’est en ouest. Une bande de plantes exotiques rappelle le jardin de Michel Pacha

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Dasylirion glaucophyllum.
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Ambiance mexicaine.
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Suit une bande de transition entre plantes introduites et plantes typiquement méditerranéennes

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Flamboyantes hémérocalles.
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Le reste du parc est couvert d’une végétation indigène.

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Chamaerops humilis.
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Alain Faragou et son équipe ont observé les associations végétales naturelles pour reconstituer, autant que possible, des biotopes typiquement locaux.

Dans les massifs plantés, les associations de végétaux apparaissent avec des effets de contrastes entre couleurs et textures

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Contraste des feuillages.
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Tamarix au fin feuillage.
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On remarque aussi la progression dans les hauteurs de plantes : les plus basses en bord de chemin, puis 1 à 1,50 m, puis jusqu’à 3 m de hauteur et plus.

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Echium et Retama.
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Du bord de mer vers le fond du parc, la hauteur globale de la végétation augmente aussi progressivement, ce qui permet une protection graduelle contre les embruns.

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Souplesse des graminées.
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Paliurus spina-christi.
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L’homogénéité du parc est donnée par la masse des pins plantés déjà grands.

Des ganivelles, treillages en lattes de châtaigners reliés par des fils de fer, assurent en bord de mer la protection des plantes contre le piétinement, et permettent la reconstitution des dunes d’arrière-plage.

Des grandes pelouses sont offertes, pour une fois, aux jeux des enfants et aux promeneurs. Elles sont plantées de Zoyzia, excellent remplaçant au gazon, inadapté au climat. Le Zoyzia résiste très bien au sec (quelques arrosages par mois suffisent) et ne demande que trois tontes par an.

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Pelouse et oliviers.
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Un massif de vieux oliviers, repère visuel en fond de pelouse, rappelle la Provence.

Mobilier et sculpture

En plus de l’homogénéité obtenue par l’utilisation raisonnée des plantes, le style du parc est donné par un mobilier urbain spécifique.

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Utilisation du bois.
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Toilettes dans le respect du site.
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C’est un mélange de bois, dont la couleur vire au gris avec le temps, d’inox, de métal peint en blanc, tout ceci rappelant l’univers nautique, évocation de l’industrie navale de la Seyne-sur-Mer.

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Ficus pumila sur mur ocre.
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Bancs tête-à-tête.
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Les sculptures de Gilles Blanchard, en métal soudé, alliage d’acier et de cuivre résistant à la corrosion, ponctuent le parcours en reprenant des thèmes nautiques ou naturels.

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Une des sculptures du parc.
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Les photos présentées ici ont été prises en juin 2003, alors que le temps était déjà très sec pour la saison.

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Ciste en parure d’été.
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On constate que ce jardin, pendant toute la saison sèche, ne déborde pas de fleurs colorées et exubérantes.

C’est le choix fort raisonnable du paysagiste, car le concept d’un jardin "nordique" avec pelouses verdoyantes et massifs de fleurs ne survivrait pas longtemps aux rigueurs climatiques.

Il faut voir dans ce parc Fernand Braudel un exemple très réussi de compromis entre l’histoire du lieu, ses contraintes naturelles, le souhait de redynamiser l’activité touristique et de loisirs, enfin le souci de redonner une identité forte et pérenne à un paysage modelé et meurtri par l’activité humaine.

En savoir plus
- Le parc Fernand Braudel, héritage et renaissance d’un paysage entre deux terres et deux mers, Alain Faragou, éditions Edisud.
Site des éditions Edisud : www.edisud.com
- Site de l’office de tourisme de la Seyne-sur-Mer : www.ot-la-seyne-sur-mer.fr
Tél : 0498002570